Histoire : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789  constitue un préambule, ainsi que 17 articles développant en détails ces droits. Elle est inspirée de la déclaration de l’indépendance américaine fondée en 1776 et de l’esprit philosophique au XVIIIᵉ siècle.  Elle constitue également l’ensemble de droits naturels individuels, en plus des conditions de leur application. C’est une Déclaration réclamant l’égalité des hommes, qu’elle soit devant la loi ou selon la justice. Elle vise le respect mutuel de tous les citoyens afin d’obtenir le bien-être de chacun, de la Nation et du pays. En 1948, elle devenait Déclaration Universelle des droits de l’Homme son application et son adoption par toutes les nations du monde entier dans leurs États et pour leurs citoyens.

Période historique

Entre 1788 et 1799, la France a connu des changements sociaux, politiques et culturels d’envergure, qui ont marqué la fin de l’absolutisme de la monarchie et la naissance de la république. Dans la crise économique et politique, la France a connu un mécontentement croissant de la population, désormais réduite à l’extrême pauvreté, opprimée par les augmentations d’impôts et affligée par la prise de conscience des sommes énormes gaspillées par les rois. Cependant, un drame affaire nommé « Affaire du collier » discrédite définitivement la famille royale et prépare le terrain pour la révolution. Il s’agit de la reine Marie-Antoinette, épouse du roi Louis XVI, accusée d’avoir acheté un collier de diamants coûteux, apparaissant ainsi comme un dilapidateur de l’argent de l’État. Le symbole du pouvoir monarchique est la Bastille, qui le 14 juillet 1789 a été prise par le peuple insurgé. Dans les mois qui ont suivi, de profonds bouleversements ont eu lieu dans l’histoire de la France.

Rédaction de la déclaration

En conséquence de cette affaire,  la décision de rédiger un document énumérant les droits fondamentaux de l’individu et du citoyen a été prise. Ces droits sont unis dans l’expression “liberté, égalité, fraternité”, trinôme inventé par le comte de Cagliostro, profond défenseur de ces valeurs et retrouvé en France en 1785. Élaborée sur le modèle de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, la Déclaration a été approuvée à Versailles par l’Assemblée nationale constituante. Inspiré par les idées des Lumières Montesquieu et Jean-Jacques Rousseau, il est publié le 26 août 1789. L’Ancien Régime, terme utilisé par les révolutionnaires français pour désigner la monarchie absolue, connaît dès lors son déclin. La Déclaration est composée d’un préambule et de 17 articles, qui énoncent les droits “naturels et inaliénables” : l’égalité entre tous les êtres humains ; le droit à la liberté d’opinion, d’expression et de religion ; le droit à la propriété et à la sécurité privées ; le droit de résister à l’oppression du gouvernement ; l’égalité de tous les citoyens devant la loi ; le principe de la souveraineté démocratique. Il exprime également les règles des relations entre les citoyens et l’État, énonce la règle selon laquelle tous sont tenus de contribuer aux dépenses publiques en fonction de leur capacité de contribution et détermine que la loi a le droit de n’interdire que les actions nuisibles à la société. Approuvé par le roi Louis XVI le 5 octobre, mis sous pression par l’Assemblée nationale, il a ensuite été inclus en préambule dans la première Constitution de la Révolution française de 1791. Modifiée et élargie en 1793 et 1795, la Déclaration compte 35 articles dans sa dernière version.

La Déclaration universelle des droits de l’homme à l’époque moderne

Une grande partie du contenu de la Déclaration a été incluse dans la Déclaration universelle des droits de l’homme promu par les Nations unies en 1948. De plus, en 2003, l’UNESCO a inclus la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dans la Liste des mémoires du monde. Un texte dont la grandeur réside dans le fait qu’il n’est pas seulement une Déclaration concernant les droits née avec la Révolution française, et donc une conquête pour la France de l’époque, mais représente encore aujourd’hui le principe sur lequel reposent les droits essentiels de l’homme et donc le fondement de toutes les démocraties.