Les étapes à suivre pour un contrat de travail free-lance

Le rêve de travailler à distance et de pouvoir voyager à travers le monde, d’opérer en mobilité est une situation qui touche de plus en plus de personnes.

La crise économique et la profonde mutation du marché du travail, où les canons traditionnels d’un lieu sûr et permanent sont complètement changés. Ce type de choix n’est plus aujourd’hui la panacée pour les plus courageux ou les aventuriers, mais ce sera plutôt pour les nombreuses personnes qui veulent améliorer leur vie et qui sont poussées volontairement ou non, à se réinventer dans une recherche caméléonienne de la très convoitée “Equilibre vie-travail”.

En outre, la technologie a permis aux clients et aux freelances de réduire de plus en plus les distances, ce qui rend beaucoup plus fréquentes les relations de travail de nature internationale, où l’une des parties contractantes est basée en dehors de l’Union européenne.

Ainsi, la prise de contact avec un texte de contrat international est aujourd’hui beaucoup plus fréquente que par le passé, car il ne s’agit plus d’un événement réservé aux grandes multinationales américaines ou aux travailleurs qui partent dans un autre pays à la recherche de fortune. Le contrat de travail free-lance est une option qui peut se présenter à n’importe qui.

Il est important de toujours savoir ce à quoi vous serez confronté, de comprendre quel est le meilleur choix avant de signer un contrat de travail free-lance. Prenez soin de tout bien vérifier avant de signer un contrat de mission.

Qu’est-ce qu’un contrat international ?

La nationalité de la société ou le lieu de l’employeur déterminent le mélange de différentes législations. Par exemple, si vous êtes un freelance basé en France et que vous recevez une mission de collaboration avec une société américaine, le contrat qui régit votre relation est sans aucun doute un contrat international.

De la même manière, il s’agit d’un contrat international entre deux entreprises françaises qui prévoient l’ouverture d’un nouveau marché dans un autre pays étranger.

Le fait que les sujets ou l’objet du contrat appartiennent à des législations différentes implique des complexités juridiques qui doivent être prises en considération.

Différents systèmes juridiques

Lorsqu’on signe un contrat international, la première chose fondamentale à garder à l’esprit est qu’il existe deux grands systèmes juridiques dans le monde : le droit civil et la Common law.

Le droit civil est un système de tradition romane, tandis que la Common law est un système d’origine anglo-saxonne utilisé dans de nombreux pays anglophones.

La différence entre les deux systèmes est la suivante (à prendre toutefois avec des pincettes) : les systèmes de droit civil sont basés sur des règles de droit écrites, élaborées par l’organe responsable qui établissent la réglementation des cas abstraits que, dans le litige, le juge doit ensuite interpréter et appliquer au cas concret qu’il décide.

En Common Law, en revanche, le système judiciaire est fondé sur le précédent obligatoire, c’est-à-dire qu’il tranche un litige en se référant à des décisions antérieures rendues dans des affaires similaires. Il ne peut s’en écarter qu’en identifiant et en faisant valoir l’existence d’éléments de différenciation qui justifient une conclusion différente.

En réalité, dans les systèmes de droit civil également, les précédents des cours supérieures sont pris en considération pour la décision de litiges similaires, de même que dans les systèmes de Common Law, il existe des recueils et des textes législatifs, extrapolés précisément à partir de la masse des décisions antérieures.

Un contrat “s’appuyant” sur le droit civil peut être un contrat plus léger, car il y aura des règles codifiées (écrites et organisées) qui combleront les lacunes du contrat.

Un contrat de common law, cependant, est généralement un contrat beaucoup plus substantiel car il doit contenir en détail toute la réglementation des relations entre les parties, de manière très précise et opportune. Et ce qui n’est pas écrit ne peut être complété ou soutenu par des règles juridiques extérieures au contrat lui-même, à quelques rares exceptions près.

Il est alors important de connaître l’existence de cette distinction fondamentale, qui conduit, comme conséquence évidente, à un engagement plus important dans la rédaction d’un contrat de Common Law, plutôt que d’un contrat de droit civil.

Quel système régira votre contrat

Faites défiler tout le contrat et vérifiez vers la fin, dans la dernière clause, celle que presque personne ne considère, c’est-à-dire celle concernant la loi applicable à votre contrat.

Si la loi applicable est la loi française, vous serez certainement devant un contrat régi par le droit civil. Si la loi applicable est celle de l’Australie, vous serez certainement confronté à un contrat de Common Law.

Cette question est fondamentale et très souvent négligée, mais elle devrait être la première clause à vérifier, car à partir de celle-ci vous pouvez lire les autres dans la bonne perspective.

S’il n’y a pas de clause à cet égard, soyez prudent car il existe encore des règles (de droit international privé ou contenues dans des conventions internationales ou des règlements européens) qui fonctionnent automatiquement à défaut de choix par les parties et qui peuvent soumettre le contrat à une loi différente de celle que vous pouvez imaginer.

L’utilité d’un contrat

Si vous êtes confronté à un contrat de droit commun, vous remarquerez presque certainement que la première partie est entièrement consacrée à une sorte de glossaire des termes utilisés dans ce contrat.

C’est une pratique qui gagne également du terrain chez nous, car il est très important de bien clarifier la signification des termes utilisés afin d’éviter de nombreux problèmes par la suit comme l’interprétation différente d’un terme spécifique du contrat.

Le danger d’un “malentendu” est assez élevé dans un contrat international, tant pour la différence de langue que pour la différence de systèmes juridiques.

Cependant, le glossaire est nécessaire dans les contrats de droit civil, notamment pour les termes et définitions qui ne sont pas de nature purement juridique, mais peut-être du secteur de référence ou de la pratique commerciale spécifique, afin de donner un sens clair et sans équivoque aux termes clés du contrat lui-même.

Les risques de pénalités

Lorsque les choses ne se passent pas bien et que l’une des parties ne fait pas ce qu’elle doit faire, il y a les pénalités (clauses de pénalité).

Il s’agit de clauses qui prévoient que, dans le cas où l’une des parties ne fait pas une certaine chose, due par contrat, elle est obligée de payer une somme d’argent prédéterminée.

Cette somme d’argent peut avoir deux connotations : elle peut constituer une forme de compensation pour tout ou partie du dommage (calculée a priori lors de la rédaction du contrat) ou elle peut constituer une sorte de sanction privée pour non-exécution.

Ainsi, pour donner un exemple, si un auteur ne remet pas le projet final du manuscrit dans la durée convenue, il sera tenu de payer une somme d’argent à titre de pénalité pour le non-respect du délai.

Cette somme ne pourrait représenter qu’une pénalité, ce qui légitimerait le Principal à demander, en plus, une indemnisation pour les dommages subis. Ou il pourrait s’agir d’une forme de liquidation préventive du dommage qui peut constituer une indemnisation totale ou partielle du dommage.

Pour mieux comprendre, si le montant à titre de pénalité était déterminé, par exemple, en € 10.000,00 comme pénalité, le Principal pourrait intenter une action en justice pour obtenir des dommages et intérêts. Si le dommage était chiffré à 5 000,00 €, il aurait droit à un total de 15 000,00 € (10 000,00 € à titre de pénalité et 5 000,00 € à titre de réparation du dommage).

Si la pénalité, également de 10 000,00 €, était établie comme un règlement préventif et intégral du dommage, le mandant ne pourrait demander que 10 €. Si, finalement, la pénalité de 10 000,00 € était établie comme un règlement prédéterminé du dommage mais avec le droit de réclamer des dommages supplémentaires, l’évaluation judiciaire d’un dommage de 5 000,00 € signifierait que le directeur ne pourrait rien demander de plus à l’auteur. Si le dommage devait être évalué à 13 000,00 €, le client, en plus de la pénalité de 10 000,00 €, pourrait également réclamer les 3 000,00 € supplémentaires pour un total de 13 000,00 €.

Ces exemples montrent comment une clause, écrite d’une manière ou d’une autre, peut avoir des conséquences très différentes, qui affectent différemment les poches du débiteur.

Ainsi, lors de la rédaction ou de la lecture d’une clause pénale, il est bon d’utiliser les termes corrects et de comprendre son contenu en profondeur, car les conséquences peuvent être très différentes les unes des autres!

En cas de force majeure

C’est une clause précieuse, surtout pour les contrats à long terme, car elle offre des moyens de sortir du contrat au cas où, certaines situations ou conditions peuvent changer de manière imprévisible, affectant fortement la bonne exécution du contrat lui-même.

Si un fait imprévisible et inévitable se produit, l’effet que vous souhaitez est que la partie affectée ne soit pas tenue responsable de l’inexécution qui en résulte.

La langue du contrat

La langue officielle du contrat est un aspect souvent négligé mais qui revêt une grande importance.

Lorsque le contrat est rédigé en deux ou plusieurs langues, il est essentiel de déterminer quelle version prévaut sur les autres en cas de conflit ou de divergence entre les différentes versions.

Une clause de ce type permet de régler de nombreux problèmes (et coûts) liés à la bonne interprétation du contrat en cas de litige.

Les clauses finales

Les clauses finales ont la même importance que toutes les autres clauses et ne doivent jamais être négligées. Ils établissent des règles de clôture importantes pour l’interprétation des contrats. Par exemple, la clause qui détermine que la volonté des parties est uniquement celle contenue dans le contrat, évite que toute communication préalable à la conclusion du contrat puisse être utilisée pour compléter le contrat (peut-être parce que discuté mais ensuite laissé de côté).

Ou la clause régissant le cas où une disposition contractuelle est nulle : dans ce cas, la nullité de la clause pourrait “infecter” l’ensemble du contrat. Ou, au contraire, le préserver, en sauvant les biens récupérables.

Ces clauses sont très importantes et doivent être très bien lues et comprises, car elles peuvent avoir des conséquences très différentes sur le sort du contrat lui-même.

La juridiction

Ceci aussi est généralement une clause négligée et fondamentale, surtout dans les contrats internationaux.

En fait, gardez à l’esprit qu’un contrat peut être régi par la loi d’un État et en même temps être soumis à une juridiction différente. Très souvent, un juge italien – compétent pour décider – peut être appelé à résoudre un litige en droit français, tout comme un juge anglais peut être appelé à résoudre un litige en droit italien.

Le choix de la juridiction compétente doit donc être fait très soigneusement, sans se limiter à une option hâtive qui, superficiellement, semble la plus commode.

À vrai dire, l’arbitrage international est souvent choisi dans les contrats internationaux, notamment parce qu’il est beaucoup plus facile de reconnaître les sentences arbitrales étrangères que les jugements des tribunaux étrangers (pour les pays adhérant à la convention de New York de 1958).

Mais c’est un choix qui devrait être bien réfléchi, également par rapport aux coûts élevés d’une procédure d’arbitrage (qui n’ont de sens que pour les contrats de gros montants).

Il ne s’agit donc pas du tout d’un aspect secondaire, qui devrait être évalué avec beaucoup de soin et d’attention.

Il existe des complexités qui interviennent lorsque le contrat a une connotation internationale et comment les différents systèmes juridiques et les lois locales peuvent influencer le sens d’une clause contractuelle, en inversant les effets que les parties ont voulu avoir lors de sa conclusion.

N’hésitez pas à demander conseil pour bien comprendre les implications réelles de ce que vous allez signer.